Samedi 10 Aout
Marie Franco :
La pluie tombe depuis hier soir ; heureusement la tente n'est pas trop mouillée. La piste vers
Mörön suit la route en construction. Elle est assez roulante au début ; cependant, beaucoup de
véhicules sont enlisés ça et là. Nous progressons lentement, pour arriver à un énorme bourbier. Un camion et une voiture sont déja embourbés. Nous nous lançons dans la boue : le toy passe d'un trou à un autre, reprend appui sur un endroit plus sec, replonge dans la boue, glisse mais ne s'enlise pas. OUff! Nous voila sur un endroit stable. Les deux camping cars se lancent à leur tour et réussissent également à passer.
La piste se poursuit, assez rocailleuse dans l'ensemble, avec des passages en dévers et de grosses
saillies.
A Tosontsengel, nous réalisons que des véhicules circulent sur la route en construction : nous n'hésitons pas une seconde ! Hélas, 20 kms plus loin, des tas de terre obstruent la route : il
faut reprendre la piste. Les camping cars entreprennent une sortie de route hasardeuse, en
enjambant de gros tas de terre...
Nous approchons de Mörön. Tout à coup, un motard mongol, arrêté sur le bord de la piste nous fait signe. Il crie des choses incompréhensibles, grimace et montre sa gorge avec insistance... Peut être a t'il mal à la gorge ?? Nous lui donnons un "doliprane" qu'il avale aussitôt. (nous comprendrons plus tard que ces mimiques bizarres voulaient dire qu'il avait soif...)
Les abords de Mörön sont assez catastrophiques : de la boue, des trous, des ornières... Les rues de la ville ne sont pas goudronnées.
Josette nous conduit à l'endroit où elle avait bivouaqué en 2011. L'endroit est aux abords de la
ville. Nous nous installons pour notre- désormais traditionnel- apéro de fin d'après midi. Un
homme titubant s'approche de notre campement. Il est visiblement dans un état d'hébriété avancée ! Le personnage s'installe sur le marche pied d'un des camping cars. Nous remarquons qu'il est
unijambiste. L'homme extirpe un rasoir électrique de sa chemise, une patte de mouton de son pantalon...et pour finir une morceau de viande gras de sa jambe de bois ! Une horreur ! C'en est
trop : Joël et Josette tire le personnage plus loin et le confie finalement à un mongol qui passe
par là.
En bref, la journée des rencontres insolites !
Pat :
Je passe devant pour trouver le passage idéal pour les camping cars .
C'est du trial , fosses puis bosses, je me régale .
Bon maintenant j'ouvre la piste lorsque apparaisse les difficultés.
Dimanche 11 Aout
Marie Franco :
Courses et essence à Mörön. Puis nous prenons la direction du lac de Khövsghöl. 100 kms de route
goudronnée : une merveille !
Quel magnifique paysage ! Très vert, avec de douces collines qui encadrent la vallée et des troupeaux partout : vaches, yacks, chevaux, chèvres et moutons.
Au bord du lac, nous mangeons des Kuuchgurs (chaussons frits à la viande) et achetons des poissons
fumés. Des ferrys branlants transportent les touristes à l'autre bout du lac.
Nous bivouaquons dans le creux d'une colline, au soleil, et profitons de l'après midi : repos, lecture, ballade et douche solaire. Une merveille !
La soirée sera, elle aussi, très réussie : grillades de mouton, salade et petit vin rouge. Le seul problème est que dès que le soleil se cache, il fait très frais, voire froid et qu'on ne peut pas s'attarder dehors.
Pat :
Je cherche un beau bivouac que je trouve tout en haut d'une colline .
Lundi 12 Aout
Marie Franco :
Nous quittons le lac de Khövsghöl (c'est un cul de sac) et reprenons la route de Mörön. Change
d'argent et wifi en ville.
Puis nous reprenons notre périple vers l'ouest. La piste est assez roulante, mais nous manquons de
conviction, après la pause d'hier... Nous longeons le Delgermörön, une large rivière apparemment
profonde.
Les camping cars se lancent sur une piste très escarpée qui débouche sur la route après une forte marche. Patrick guide Bernard. Puis Joël s'élance à son tour : une roue du camping car décolle, puis une autre... c'est bon !! Nous avons eu une petite frayeur quand même !
Le bivouac du soir, à 30 kms de Tsaaganuul est agréable, mais très venté. Nous passerons la nuit blottis dans nos sacs de couchage...Il est vrai que nous sommes à environ 2000m d'altitude.
Pat :
Bernard ne pensait pas que la remontée serait aussi abrute.
Je monte dans le toy de Joel le guide et lui prodigue des conseils sur la sortie .
Mardi 13 Aout
Marie Franco :
Le soleil nous réchauffe au matin. La nuit a été calme et reposante.
Nous reprenons la piste ; pas très roulante, avec une succession de trous, mais cependant
moins dangereuse pour le véhicule que dans le sud.
Une halte à Tsagaanuul pour prendre de l'essence. Comme d'habitude, les gens s'approchent pour
examiner nos véhicules, surtout les camping cars qu'ils aiment bien visiter...
Nous réalisons que nous avons emprunté la mauvaise piste et rebroussons chemin. Finalement, nous
décidons de nous arrêter au bord d'une charmante rivière pour la nuit.
Une visite aujourd'hui encore -agréable celle ci : un père de famille, qui arrive sur sa moto avec ses trois enfants (pas de casque ni de quelconque protection). Il visite, lui aussi, les
camping cars.
Patrick rassemble du bois pour un feu de camp. Bonne idée ! Et puis un peu de chaleur ne nous
fera pas de mal !
Mercredi 14
Marie Franco :
Alors que nous nous apprêtons à quitter Terboom, nous remarquons le visiteur d'hier soir auprès
de sa yourte. Il nous fait signe.
A l'intérieur, les 4 enfants dorment encore. Il fait chaud et l'endroit est accueillant. Au centre
un poèle sur lequel chauffe le lait, 2 lits sur les côtés, des coussins, un coin toilette, un
frigo, une télé et face à la porte une image pieuse et des photos de famille posées sur une
commode aux couleurs vives. Il y a même un téléphone satellite.
La mère nous tend un bol de lait et un plat de gateaux et de fromage. Nous communiquons tant bien
que mal, prenons des photos et échangeons nos adresses;
Quelle hospitalité ! Nous sommes enchantés de ce que nous avons pu découvrir.
La piste vers Tes n'est pas évidente à trouver : nous nous trompons par deux fois.
Nous avançons dans un chemin de terre étroit ; ce n'est, de toute évidence, pas la piste
principale. Qu'à cela ne tienne ! Nous avons de bons GPS et l'expérience de nos coéquipiers !
Nous parvenons dans l'après midi à Tes : courses, eau et plein d'essence. La petite ville est déserte et plutôt tristounette.
Après Tes, la piste sablonneuse est plus roulante. Nous nous arrêtons 50 kms plus loin pour
bivouaquer dans la steppe. Une petite douche solaire pour nous débarrasser de la poussière et
nous nous partageons notre traditionnel apéro...
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