Marie-Franco :
Samedi 1
Nous nous levons tôt ce matin : il nous faut faire le plein de gas oil avant de passer la frontière. Le gas oil est rare en Ouzbékistan ( on y trouve surtout du gaz) et nous avons beaucoup de kilomètres à faire dans une zone désertique. Nous remplissons nos jerrycans et partons avec 100 litres (Pat 25, lui, a plusieurs réservoires).
Les 80 kms qui nous séparent la frontière sont difficiles : pas de route, mais une piste assez cassante où camions et voitures essaient de se frayer un chemin...
Aucun problème à la frontière kazakhe. Par contre, il y a à la frontière ouzbéke une longue file de voitures et de camions. Des ouzbèkes, trainant de lourds baluchons s'entassent devant un guichet en se bousculant. Nous ne sommes pas sortis de l'auberge, et avec cette chaleur ! Finalement un douanier nous repère et fait passer nos véhicules avant tous les autres. Inespéré !! Nous allons d'abord au bureau de douane : pas de problème particulier. Puis vient le bureau de police, avec l'inévitable formulaire à remplir : il faut indiquer combien nous avons d'argent avec nous, si nous transportons des armes et autres produits interdits.... (Pourvu que le Pontarlier n'en fasse pas partie !!) Un policier, qui connait quelques mots de français, nous aide à remplir les papiers. Autre guichet pour vérifier et enregistrer nos formulaires. Le douanier inspecte aussi nos ordinateurs et portables ( des fois qu'ils contiendraient des films pornos...) Puis il nous demande si nous n'aurions pas un petit souvenir pour lui. Pas de problème, si ça peut faire avancer les choses !( nous avons encore quelques petits cadeaux en réserve ). Enfin c'est la fouille des véhicules. Pat 25 passe en premier et se fait éplucher le contenu de son véhicule... Pour nous c'est plus rapide : les douaniers ont en effet trouvé une bouteille de vin dans notre frigo et ont visiblement bien l'intention de la boire ! (Ils sont quand même gonflés, ces douaniers !) Pas de tire bouchons ! Ils se rabattent sur une bouteille de bière et la fouille est assez vite expédiée.
A la frontière, on nous propose une assurance et un change au noir (c'est une pratique courante en Ouzbékistan). Nous changeons 100 Euros et recevons une liasse impressionnante de billets : 410 000 soums ! !
La route, jusqu'à Bejneu, alterne entre des passages très mauvais (trous énormes et tôle ondulée) et des passages plus roulants.
Nous réussissons à trouver une gargotte, où on nous sert des salades et des sortes de raviolis à la viande. La patronne est tellement contente de voir des touristes qu'elle fait une photo de nous... (C'est vrai que depuis la frontière russe, nous n'avons vu que 7 européens -en stop, en vélo et en moto). L'addition se monte à 54 000 Soums pour nous 4. (soit13 Euros !)
Nous reprenons la route (souvent monotone). Avant Nukus, nous avisons un motel et nous renseignons sur la prix des chambres (car il ne va pas être facile de bivouaquer dans cette région, sans arbre ni endroit tranquille). On nous montre 2 chambres : correctes, mais avec toilette et salle de bain extérieures. On nous annonce 40 par personne : sans doute 40 000 soums ?? C'est assez cher pour cet endroit ! Nous hésitons, mais finissons par accepter. L'hôtesse commence à remplir les papiers d'enregistrement tandis que nous préparons 160 billets de 1000 Soums... La femme nous regarde, apparemment intriguée, puis s'éloigne. Un autre employé arrive et nous réalisons qu'il s'agit de 160 dollars ! Nous sommes estomacés et quittons bien vite les lieux...
Finalement ce sera bivouac ! Pas facile ici ! Nous nous installons à l'écart de la route, derrière de gros tas de sable. L'apéro et le petit repas ensemble nous remettent de ces péripéties !
Dimanche 12 Juillet
Le bivouac a finalement été tranquille (même si Chantal a aperçu un scorpion...)
Nous
prenons la direction de Khiva. Le paysage est plus verdoyant. Il y a
maintenant des fleurs, de l'eau et des troupeaux de moutons. A Kungrat,
nous décidons de bifurquer vers Muynak, ancien port de pèche sur la mer
d'Aral. La route est correcte. Nous croisons des gens à moto ( parfois à
3 dessus, ou avec de gros chargements). Effectivement, Moynak est
devenue une ville fantome, sans aucun charme. Nous allons nous faire
enregistrer dans un hötel (l'enregistement des touristes est obligatoire
en Ouzbékistan ). Endroit délabré et triste... L'homme qui nous a reçus
veut bien nous conduire au cimetière de bateaux, moyennant
finances...Nous préfèrons le chercher par nos propres moyens. Un repas
très succint dans une gargotte le midi (encore des oeufs !!) La proprio-
prof de russe- est très sympa et nous indique le cimetière à quelques
minutes du centre. Dans l'ancien port, quelques épaves de bateaux sont
plantées dans le sable... La mer se trouve maintenant à 150 kilomètres
de là. Nous sommes impressionnés !
Il
fait de plus en plus chaud : 46 ° aujourd'hui. Nous nous arrêtons dans
un marché pour quelques courses. Nous ne passons pas inaperçus ! Aucun
occidental ici. Les femmes vendent des fruits et légumes, abritées du
soleil par de grandes toiles blanches ; on trouve aussi du "nan" (pain
plat) que nous apprécions bien.
En ville, le feu, (pas très visible à vrai dire) passe au rouge au croisement ;
Patrick bloque les roues (après l'incident survenu à la frontière
kazakhe, nous respectons scrupuleusement la signalisation). Nous suivons
une autre voiture et repartons. apparemment alors que le feu était
encore au rouge. Un policier nous arrête. Nous sentons arriver les gros
problèmes, car les policiers ouzbèques ont très mauvaise réputation...Le
policier examine nos passeports et le permis de Patrick. Nous ne
comprenons rien à ce qu'il nous demande. Il insiste. Puis voyant que
décidément il n'est pas possible de se comprendre, il nous fait signe de
repartir. Ouff ! On s'en tire bien !
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